1.10.25 : « La Forma Vrbis Romae : un mystérieux plan de Rome »
La Forma Vrbis Romae est un gigantesque plan de marbre qui a été gravé à l’époque sévérienne, précisément entre 203 ap. J.-C. et 211 ap. J.-C. Il se situait dans une salle couverte adjacente au temple de la Paix dans le forum de Vespasien, ce qui laisse supposer qu’il était peut-être utilisé par les bureaux de la préfecture urbaine. Ce plan au 1/240 est d’une grande précision et c’est une source précieuse pour connaitre la topographie de la Ville à cette époque. Aujourd’hui, il est encore possible de voir le mur sur lequel la Forma Vrbis Romae était fixée, sur une des parois de l’église des Saints Côme et Damien. Seule une partie des morceaux de ce plan sont parvenus jusqu’à nous et ils sont maintenant merveilleusement mis en valeur dans un nouveau musée situé sur le Caelius. La restitution de la salle du forum de la Paix dans laquelle était exposée ce plan, permet d’expérimenter des hypothèses sur sa lecture et son utilisation.
5.11.25 : « Aurélien et la construction de la plus grande muraille du monde occidental »
En 271 ap. J.-C., l’empereur Aurélien entreprend de construire une nouvelle muraille englobant l’ensemble de la ville de Rome. C’est la plus grande muraille jamais réalisée dans le monde occidental et aujourd’hui encore elle est prégnante dans l’urbanisme de la Rome moderne. L’ancienne muraille construite à l’époque royale et appelée « muraille servienne » du nom du roi Servius Tullius avait été entièrement restaurée au début du IVe siècle av. J.-C., après l’invasion gauloise. Mais, depuis la fin de la période républicaine, elle était devenue inutile tant les constructions s’étaient étendues au-delà. La muraille aurélienne fut construite rapidement, à une époque où la pression barbare se faisait pressante : elle était pratiquement achevée à la mort d’Aurélien en 275 ap. J.-C. Pour gagner du temps et de l’argent, les constructeurs ont englobé des constructions préexistantes sur environ 10% de son parcours de 19 km. La « Nocturne » montre l’état de la muraille en 320 ap. J.-C. après une rapide restauration par l’empereur Maxence, mais avant les restaurations fondamentales des empereurs Honorius et Arcadius dans les années 401-402, qui lui ont donné son aspect actuel. Nous montrons aussi comment, dans le secteur stratégique du sud-est, elle a englobé un amphithéâtre, coupé en deux un cirque et pris appui pour une partie de son trajet sur les aqueducs qui entrent dans Rome à cet endroit.
4.2.26 : « Auguste : premier empereur de Rome »
L’histoire de la Rome Antique est conventionnellement divisée en trois périodes : la royauté, la république et l’empire. Le visage de Rome a profondément changé au cours de cette histoire longue de presque treize siècles. La Rome que nous restituons au CIREVE est celle de la fin de la période impériale parce ce sont ses vestiges qui sont les plus visibles dans la Rome d’aujourd’hui et aussi parce que c’est la période choisie par un de nos grands prédécesseurs pour la représentation de la Rome antique en relief : Paul Bigot et sa maquette en plâtre conservée à l’Université de Caen. La confrontation de notre modèle virtuel avec la Rome d’aujourd’hui et avec la maquette de P. Bigot offre en effet de multiples intérêts. Mais il nous a semblé également intéressant pour cette Nocturne de revenir sur le tout début de la période impériale pour montrer comment le premier empereur,
Auguste, est à l’origine d’un bouleversement de nature non seulement politique mais aussi urbain, et comment ce changement va se répercuter sur les villes de province.
4.3.26 : Nocturne invité – G. Chambon (Directeur d’Etudes à l’EHESS) : « Le poids, l’oie et la déesse : métrologie et monde divin en Mésopotamie »
Depuis quelques années, on assiste à un renouvellement dans les recherches sur les poids et mesures en Mésopotamie. Au-delà de l’étude des unités de capacité et de poids pour l’histoire économique, sont désormais pris en compte les acteurs (marchands, contrôleurs, administrateurs…) ainsi que le
contexte des pratiques métrologiques (administratif, commercial, religieux…). Ce travail nécessite en particulier une analyse fine des notions de précision et de justice dans l’Antiquité, bien différentes de nos catégories modernes. Cette conférence se propose de présenter ces nouvelles recherches en montrant l’interaction entre mesures et monde divin, afin de souligner l’importance de la dimension sociale et idéologique des pratiques de mesure antiques.
1.4.26 : « Les thermes de Caracalla : nouvelles recherches »
Nous avons déjà présenté notre restitution des thermes de Caracalla lors de Nocturnes qui avait un cadre plus large : « L’eau à Rome » en avril 2017 ou « Rome en Hiver » en mars 2023. Lors de cette dernière Nocturne, nous avions montré notre restitution des sous-sols des thermes et du système de
chauffage : c’était une première dans le domaine de la restitution archéologique. Comme tous nos modèles virtuels, celui des thermes de Caracalla est en permanente évolution depuis sa création. Au cours de l’année 2025, un important travail de refonte a été effectué en collaboration avec la directrice des Thermes de Caracalla, M. Serlorenzi, et son équipe. Ce travail s’appuie sur de nouvelles découvertes archéologiques et il a pour perspective d’être présenté sur le site même des thermes lors d’une grande exposition qui sera organisée en 2026. Lors de la Nocturne nous traitons de la pratique thermale dans le monde romain, de l’architecture correspondante et de la configuration spécifique des thermes de Caracalla. L’ensemble de l’édifice est visité virtuellement.
